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mercredi 15 février 2012

Valse (s)

à mille temps
et puis  trois petites notes


"Valse mélancolique et langoureux vertige" 

samedi 19 novembre 2011

Werther

Pourquoi me réveiller, Werther, Acte III, Massenet
Version baryton


Le même
Version ténor



Il y a des surprises formidables! Celle que m'avait réservée mon frère il y a deux petites semaines fut de taille. C'était la première fois que je mettais les pieds à la salle Pleyel ! J'ai pu y entendre  Ludovic Tézier, un baryton que j'aime beaucoup et Joseph Calleja un ténor qui monte, qui monte , que je n'avais jamais entendu et dont mon frère me rebat les oreilles depuis qu'il a découvert quelques-uns de ses enregistrements !  C'était un très beau concert et Calleja  nous a tous enthousiasmés. 
Ces deux chanteurs nous ont même offert un inédit à la fin de leur récital avec la complicité de Frédéric Chaslin: ils ont chanté en duo Pourquoi me réveiller de Werther .C'était beau!

Hélas, il n'existe malheureusement aucun enregistrement de Werther par Calleja sur le web mais je ne résiste pas au plaisir de vous faire entendre sa voix dans un air qui vous rappellera certainement quelque chose... et qu'il a interprété ce soir-là. Instants de grâce... 

On dit de Calleja qu'il est une voix qu'on retiendra. On peut en être sûr!


lundi 29 août 2011

X & Y

Vous aurez sans doute reconnu cette "image". Il s'agit de la pochette d'un album du groupe britannique Coldplay, intitulé X&Y.
J'ai eu l'occasion de le réentendre cet été et cet album, sorti en 2005 est le troisième et le plus célèbre opus de ce groupe pop-rock. Il se déguste de A à Z. Sans agacement. Ce qui est rare.

Le plus amusant, ce sont les signes de cette pochette, un X et un Y en code Baudot. C'est l'un des premiers codes télégraphiques,  inventé par Emile Baudot en 1874 , juste avant celui de Morse.

Pourquoi donc ces caractères codés dans cet album de rockers? Le groupe -et en particulier Chris Martin le pianiste-chanteur- est un ardent défenseur du commerce équitable : si vous regardez bien la vidéo qui suit vous devriez voir le message codé Make Trade Fair dans le clip d'une des chansons phares de cet album Fix You.


Ce code colorisé pour la cause Coldplay ne manque ni de panache ni de lumière et si le coeur vous en dit, voici un lien où vous pourrez vous amuser.

mercredi 8 juin 2011

Yippee

Un "concert à emporter". C'est le concept de l'excellent site La Blogothèque  : les groupes se produisent dans des rues ou des quartiers de Paris. Certains passants sont attirés par la musique, d'autres écoutent sans reconnaître parfois les "grands" qui se produisent sous leurs yeux (Phoenix par exemple au Trocadéro). D'autres encore, comme ceux que vous allez découvrir si vous avez la patience d'aller au bout,  réagissent le
plus naturellement du monde. Rafraîchissant!


lundi 6 juin 2011

Yéyé

"J'allais sur mes dix ans quand la fille du meilleur ami de mon père m'invita à l'accompagner à l'Olympia pour y écouter Sylvie Vartan. Elle n'était pas seule au programme: il y avait aussi Trini Lopez et les Beatles. Inconnus à mon bataillon.
C'est Trini Lopez qui ouvre le bal. Son tube , le seul, je crois, c'est If I had a hammer. Si j'avais un marteau... J'ai bien une idée de l'usage qu'il pourrait en faire, histoire d'écourter sa prestation, mais c'est déjà fini. Au tour de Sylvie Vartan. Elle chante faux une chanson idiote, et question chorégraphie, on a l'impression d'être dans un centre de rééducation psychomotrice. Une Mylène Farmer avant l'heure, quoi !  Détails qui ne refroidissent en rien l'enthousiasme de ses bouillants supporters. Et puis... et puis... arrivent les Beatles. Disons pour la faire courte que, tout comme André Frossard quelques années plus tard découvrant l'existence de Dieu alors qu'il était juste rentré à Notre-Dame pour piller les troncs, quelque chose de lumineux et d'évident me tombe dessus. Là non plus je ne comprends pas un mot de ce qu'ils racontent, mais ça n'a aucune importance. L'énergie folle qui se dégage du combo me submerge. Je répète, c'est la première fois que je vois les Beatles, personne ne m'a monté le bourrichon, et pourtant, je reste figé, pétrifié. Je viens de voir la lumière, comme disent les télé-évangélistes. Avec le bruit qu'ils font, me voilà transformé en monument historique: Son et Lumière ! La Révélation. Mon chemin de Damas à moi, c'est le boulevard des Capucines.
Alors: yéyé? Pas yéyé? J'en reviens à ma première phrase: grâce à eux, ou à cause d'eux, ma vie a chanyé!"

                                     Antoine de Caunes, Dictionnaire amoureux du rock, 2010

lundi 30 mai 2011

Yesterday

Yesterday est la chanson la plus reprise de l'histoire de l'industrie musicale. Le Guinness des records recense plus de 3 000 versions enregistrées. C'est aussi la chanson la plus diffusée de l'histoire internationale de la radio.


Lennon a déclaré  que Yesterday avait  été une chanson longue à achever :
« La chanson a traîné pendant des mois et des mois avant que nous ne la terminions enfin. À chaque fois que nous écrivions ensemble des chansons pour une session d'enregistrement, celle-là revenait. On l'avait presque terminée. Paul a écrit presque toute la chanson, mais nous ne trouvions pas de bon titre. Nous l'avons appelée Scrambled Eggs et c'est devenu une blague entre nous. Ensuite on a pensé qu'un titre avec un seul mot pourrait aller, mais on ne trouvait pas le bon mot. Et un matin, Paul s'est réveillé et la chanson avec le titre étaient trouvés, terminés. J'étais triste d'une certaine façon, on avait eu tellement de plaisir avec ce titre. »
Informations puisées ICI

Je ne sais combien cette chanson rapporte donc à Paul Mac Cartney et à la veuve de John Lennon, ses créateurs ... Mais sans doute est-ce un pactole. De quoi voir l'avenir (enfin celui de leurs descendants) avec sérénité !


lundi 11 avril 2011

You only live once

Contribution de Marine


 C'est un peu comme ça qu'on peut, en quelques mots, résumer l'état d'esprit des Strokes.


.

 Ce groupe new-yorkais porté par la voix du charismatique Julian Casablancas est l’événement de ce printemps 2011. Et la saison ne pouvait être mieux célébrée.

Cinq ans que ce groupe mythique, découvert par le grand public français un peu sur le tard grâce à une publicité EDF (et le désormais célèbre The end has no end), ne nous avait fait l’honneur d’un titre.

Portés peut-être par le succès solo de Casablancas dont l’album, Phrazes for the Young, a été - à juste titre- salué par la critique, les cinq se sont retrouvés dans la banlieue de la Big Apple pour enregistrer un petit bijou de 10 titres, Angles.

Finis les frasques et les excès, on ne vit qu’une fois, certes, mais encore faut-il vivre. Et arrêter de se détruire.

Et si certains, perplexes, craignaient qu’avec la sagesse ne s’installent aussi l’ennui et la monotonie, qu'ils se rassurent tout de suite. Dés les premières notes de Machu Picchu, les Strokes emplissent l'air et font se hérisser nos poils. Quelques notes électro viennent parfaire avec justesse l’ambiance électrique portée par les guitares omniprésentes de Nick Valensi et Albert Hammond Jr., désormais marque de fabrique du groupe.

Et le frisson ne s’arrête pas là. Under Cover Of Darkness est une petite perle qui devrait devenir aussi culte que Last nite, encore aujourd’hui incontournable dans toute soirée digne de ce nom. Et dont il est impossible de se lasser.


Leur tournée américaine affiche déjà complet. Et si pour l’instant aucune date n’est encore prévue en France, espérons que leur passage chez nos voisins anglais à l’occasion du Reading Festival leur permettra un petit crochet parisien !

samedi 9 avril 2011

Y a des Zazous

J'ai du mal à quitter l'univers du Z bien plus amusant que celui du Y !

samedi 26 mars 2011

Zouave... chinois

 Barenboim dit de lui qu'il a douze doigts... et lui a appris ce petit jeu !

Une curiosité pour le week-end que je vous souhaite doux et agréable.


samedi 19 mars 2011

Zingarelle

Voici une sucrerie de Flocon , en écho à nos échanges sur l'art lyrique.

Il m'a écrit sa déception que je n'aie pas traité Zingarelle (pas complètement vrai, puisque j'ai consacré une note -assez tragique-aux Tsiganes  et une note à Zeffirelli et "sa" Traviata"). Aussi, pour réparer cet oubli absolument scandaleux et pour régaler tous les gourmands,  voici ce bijou.


L'Opéra imaginaire, Pascal Roulin

dimanche 13 mars 2011

Zhu Xiao-Mei

Elle est Chinoise. Elle est née en 1949. Elle est pianiste. Son premier professeur est sa mère qui lui apprend le piano  "mais pas comme tout le monde. Avec elle, les accords, les enchaînements, les déplacements s'éclairent comme par magie ! Chaque note représente un membre de notre famille : au lieu d'aller de do à sol je vais de Papa à Xioru, c'est tellement plus amusant ! Puis nous passons aux exercices les plus simples de Czerny, aux gammes, aux arpèges."

Elle entre au Conservatoire de Pékin en 1960. Elle déchante, le travail est éreintant . S'y ajoutent des séances de dénonciation, d'autocritique surréalistes. Sa chance ? Un professeur de piano, Pan Yiming qui se rattache à l'école russe qui n'aura de cesse pendant deux ans de l'encourager et dont elle écrit dans son autobiograhie La rivière et son secret, Robert Laffont, paru en  2007 : " Merveilleux professeur au confluent de deux écoles du piano. L'école chinoise d'un côté, qui privilégie la souplesse, la légèreté, la fluidité, un sens calligraphique de la ligne mélodique, mais aussi la distance aux émotions , et leur contrôle. L'école russe , de l'autre, celle du geste large, du romantisme, de l'imagination puissante, du sentiment et de la générosité."

Mais on est à une époque où le piano devient suspect : il est l'instrument des bourgeois, il incarne toutes les perversités de l'Occident . Le Conservatoire de  musique de Pékin devient un conservatoire sans musique . Plus de partitions, des agressions physiques, des suicides. La jeune pianiste est alors envoyée comme de nombreux jeunes dans des camps de rééducation  dans le cadre du mouvement "Shangshan Xiaxang qui a pour but d'envoyer les jeunes instruits à la campagne pour changer en profondeur de mentalité." Elle ne touchera pas le piano jusqu'en 1971, année où à la suite d'un morceau de Chopin joué à l'accordéon, elle demande  à sa mère de lui expédier son instrument très encombrant, qui parviendra là où elle est recluse à la suite d'aventures rocambolesques .

Sous prétexte de musiques chinoises, elle obtient on ne sait par quel miracle des partitions qui ont échappé à la censure: celles du Clavier bien tempéré de Bach, les scherzos et les ballades de Chopin, les sonates pour piano et violoncelle de Beethoven.

Libérée en 1974, sa rencontre avec Isaac Stern  en 1979 la persuade qu'elle peut aller étudier à l'étranger. Elle part aux USA, prend des cours à Boston avec Gabriel Chodos: :"J'ai surtout retenu ceci : on approfondit tout aussi bien l'apprentissage du piano et de la musique en allant au fond d'une oeuvre qu'en multipliant l'étude d'oeuvres diverses...".

Cet approfondissement de la musique s'appuie sur les principes de la philosophie chinoise, qu'elle découvre dans ce pays où elle ne se sent pas à l'aise : "Mes journées sont désormais rythmées par deux grands moments de bonheur : Le premier est ma méditation quotidienne. Le second est ce qu'il faut bien convenir d'appeler ma méditation au piano. Le travail, et même le travail sans but, est une des grandes vertus de la philosophie chinoise."

Depuis 20 ans, elle vit à Paris. Elle est professeur de piano au Conservatoire de musique de Paris. Elle confiait il y a quelques mois dans une émission de radio, qu'elle commençait toutes ses journées avec Bach, qu'il était son équilibre, l'Insdispensable. Son enregistrement des Variations de Goldberg en 1990 fait date.

Ecoutez...

mercredi 2 mars 2011

Zeffirelli

J'avais 25 ans et une méconnaissance totale de l'opéra. Voire une certaine distance avec l'art lyrique.  Il me semblait artificiel et désuet. Je n'avais pour tout bagage que quelques airs du Trouvère en tête et quelques images dans les yeux, ainsi que les derniers lieder de Strauss qu'un copain d'études passait en boucle lors de nos pauses de révision de concours. C'était peu ! La magie n'opérait pas vraiment.

Cette année-là, il y avait à l'affiche d'un cinéma caennais La Traviata,  film de Franco Zeffirelli: comment, pourquoi  me suis-je retrouvée assise ce soir-là dans cette salle, je ne saurais le dire . Peut-être mon esprit de contradiction ou cette volonté d'aller voir par moi-même un film dont on disait tant de mal dans les milieux "intellectuels"? Peut-être aussi ma connaissance de La Dame aux camélias de Dumas qui me rassurait ? Ce sont les seules explications que je trouve aujourd'hui.


Je suis sortie presque deux heures après complètement chamboulée, renversée et ... comment dire "atteinte"?  L'image m'avait en quelque sorte autorisée à entrer dans ce monde qui me semblait si hermétique, si réservé à des happy few

L'opéra raconte des histoires et comme toute lectrice, j'ai des représentations mentales des personnages, des situations, des lieux, de l'époque .  Les atouts  de ce film - sa mise en scène brillante, son rythme virevoltant, le souci du détail dans les costumes et le décor-  ont fait naître un réel plaisir à écouter des airs que je connaissais déjà ou que je découvrais.  Je ne sais si aujourd'hui ce film me séduirait autant mais peu  importe ! Ce film , je peux le défendre bec et ongles,  simplement parce qu'il m'a donné accès à l'opéra et me l'a fait aimer.

Deux ou trois ans plus tard, je suis allée voir Amadeus de Milos Forman, et j'ai été définitivement conquise ! Amadeus, au contraire de La Traviata, ne met pas en scène un opéra mais rend compte de la vie de Mozart : toutefois - et j'y ai été très attentive et sensible -, on y voit Mozart passionné par l'écriture et la mise en scène de ses opéras.  Mozart, un génie musical hors du commun, aimait aussi la traduction visuelle de sa musique ! Cela me semblait très important. Il n'y avait donc pas la musique d'un côté, suprême, première, à écouter pratiquement les yeux fermés et de l'autre un spectacle inutile, stérile ; il y avait à égalité une musique incarnée dans  une représentation visuelle, une interprétation donnée, choisie, réfléchie.

 Les critiques et le spécialistes mozartiens ont hurlé à l'époque, relevant les fantaisies avec la réalité, dégoisant le parti pris de Forman pour nous représenter "son" Mozart. Voilà de quoi souffre précisément l'opéra. 
On lui reproche des mises en scènes fantaisistes, des gesticulations qui éloigneraient de la "pureté" musicale. A quoi bon voir, puisqu'il suffit d'écouter -même les yeux fermés- et d'être touché !  Je trouve que ce sont précisément ces interprétations qui donnent aux oeuvres du répertoire lyrique leur pérennité:  chaque époque doit se réapproprier, en fonction de ses codes, de son Histoire, de ses courants esthétiques,  des oeuvres écrites il y a parfois bien longtemps. L'art lyrique, avec toutes ses ficelles, sa machinerie, ses décors, ses costumes et aussi ses chanteurs qui sont aussi aujourd'hui des acteurs, permettent à cette musique-là de vivre encore et de faire les délices non seulement de celles et ceux qui se laissent distraire par leurs yeux mais aussi de celles et ceux qui ne sont pas nécessairement sensibles à cet art, abusivement appelé complet,  et qu'ils peuvent écouter "sans" les images. 

Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse!

mardi 15 février 2011

Zazzo

Lawrence Zazzo, contre-tenor américain, joue le rôle de César dans l'un des plus populaires opéras de Haendel , Jules César, ce compositeur allemand, devenu anglais d'adoption. J'ai assisté à ce très beau spectacle il y a deux semaines, et j'en suis sortie ravie! Les arias de César, de Cornélia et de Cléopâtre me trottent encore dans la tête.

Inutile de saluer l'époustouflante performance de Natalie Dessay, tout le monde à tout dit. Ni  l'ingénieuse mise en scène de Pelly où, comme l'a dit un critique "il se passe toujours quelque chose sur la scène." N'ajoutons pas non plus l'étrange sensation que nous avons eue, nous spectateurs, de voir des Égyptiens (haendéliens, certes) se révolter contre la politique conquérante de César, alors que d'autres Égyptiens (des vrais, ceux-là) occupaient la place Tahrir du Caire et s'apprêtaient à se battre pour chasser Moubarak...

Non, je voudrais parler d'un des deux contre-ténors, Zazzo en particulier, même si le Français Christophe Dumaux, mérite aussi un billet!

Zazzo, c'est une très belle voix, riche, moelleuse et  travaillée, même si la direction musicale d'Emmanuelle Haïm ( que l'on encense partout! Pourquoi? Parce que c'est une femme?) ne l'a pas toujours bien servi, surtout dans le premier acte: elle semble allergique aux  liaisons entre les airs, son jeu un peu monotone manque de contrastes,  -c'est souvent très "frappé sec"- et l'orchestre sonnait trop pointu parfois.

Au premier acte, j'attendais le premier grand aria de César: Empio, diro, tu sei . Ma première impression a été la déception: j'avais entendu pendant plusieurs semaines l'enregistrement de cet opéra par Les Musiciens de Louvre dirigés par Marc Minkowski. César était interprété par la contralto Marijana Mijanovic: je trouvais le timbre de sa voix plus crépusculaire, plus viril, si je peux oser le mot. Je me suis demandée si Zazzo qui a des aigus puissants, profonds et sonores, n'avait pas une petite faiblesse dans les graves?

 (La vidéo est un peu longue: l'aria commence à la 3.30ème minute
C'est un extrait de l'opéra dirigé par E. Haïm et mis en scène par L. Pelly)
Le premier acte passé, j'ai trouvé que Zazzo s'imposait mais il me reste l'impression que ce héros lui va mal, et que sa voix pour aussi belle et musicale qu'elle est, ne convient pas vraiment au rôle...

Depuis, et pour préparer cette note j'ai écouté cet aria, interprété par plusieurs contre-ténors, contraltos. J'ai même découvert une bizarrerie. Le grand baryton Fischer Dieskau a prêté sa voix à César, -comme d'autres- ce qui suffit à montrer que pour des maisons d'opéras, Haendel représentait  un compositeur à part, mystérieux .

Ces choix paraissent aujourd'hui étranges, quand on sait que lors de la première représentation à Londres c'est le castrat Senesino (contralto) qui jouait le rôle titre. Les voix "basses" étaient réservées, dans les opéras baroques, aux serviteurs ou aux personnages de second plan.

Impossible toutefois de parler de César sans SA Cléopâtre. Elle, elle était comme un poisson dans l'eau.

lundi 7 février 2011

Zerbinette


Elle est un des personnages de Molière, l’Egyptienne qu’aime secrètement Léandre dans Les Fourberies de Scapin. Mais si gaie, si comique soit-elle, ce n’est pas de cette Zerbinette-là dont il va être question ici.

Celle qui m’a enchantée, en décembre dernier, à Bastille, est la Zerbinette de Richard Strauss dans son opéra Ariane à Naxos joué pour la première fois dans cette version, à Vienne en 1916. C’est un opéra qui mélange tragédie classique (l’abandon d’Ariane sur l’île de Naxos par Thésée) et la Comedia dell’arte (on retrouve les personnages de Zerbinette et d’Arlequin).


Dans cette œuvre, tout change ou doit changer : le Compositeur d’abord . Il pensait donner ce soir-là un opéra tragique mais il doit, au dernier moment et sur la volonté capricieuse du mécène qui lui permet de jouer dans sa riche demeure, « écourter » son œuvre, supprimer des arias, et intégrer la comédie qui devait succéder à son opéra. Le Compositeur finit par accepter et de cet étrange mélange naîtra une partition en un acte, pas comme les autres, qui brouille les genres : parodie d’opéra seria, opéra bouffe, théâtralisation. Ariane ensuite. Elle doit changer car pour survivre au chagrin de l’abandon, il faut changer. Et cette nécessité de changement est portée par la voix de Zerbinette : les hommes sont infidèles par nature, la meilleure façon de soigner le chagrin est de trouver un nouvel amour. La musique de Strauss, enfin : elle change, suit les métamorphoses des personnages et l’orchestre réduit à un peu moins de 40 instruments sonne et chante comme s’il y en avait cent!

C’est Jane Archibald qui incarnait Zerbinette. Elle m’a conquise, sans doute parce que sa voix traduit la vivacité, la vitalité et la profonde légèreté de ce personnage qui, généreusement et naturellement, aide à accomplir la métamorphose. Vous pouvez consulter  un compte rendu intéressant et des photos de ce spectacle  ICI , un blog musical passionnant.

lundi 3 janvier 2011

Zaïde

A Pierre...

Il ne s’agit pas du singspiel de Mozart, notamment cet aria de l’acte I, Ruhe sanft, mein holdes Leben, qui est très beau …

Il ne s’agit pas  non plus du roman de Mme de Lafayette publié sept ans avant La Princesse de Clèves.

Cette Zaïde-là  est jeune -sans doute pas plus de 80 ans - possède quatre  têtes, huit mains et elle est enchanteresse ! Ni monstre, ni Hydre de Lerne, ni dragon. Non, non ! La voici.

C’est un jeune quatuor à cordes parisien que nous avons découvert à Bordeaux en mai 2010. Ces quatre instrumentistes concouraient pour le 6ème Concours international de quatuors à cordes de Bordeaux, qui se déroulait autrefois à Evian (de 1976 à 1998). 

Ce concours a lieu tous les trois ans. Cette année, lors de la première épreuve il y avait 9 quatuors  en lice, venus de tous pays et seuls quatre ensembles ont disputé la finale. On assiste gratuitement  à tous les concerts au Grand Théâtre de Bordeaux, un joyau architectural magnifiquement restauré depuis peu  Les œuvres sont imposées et donc on entend plusieurs fois les mêmes morceaux. C’est étonnant et l’oreille, même peu experte comme la mienne, discerne les différences. Nous nous sommes régalés, et dans cette salle somptueuse, chacun au début du concert retient son souffle : et puis après le voyage commence, « nous sommes embarqués »

Nos « chouchoutes » étaient donc ce jeune quatuor, toutes les quatre des virtuoses, pleines d’énergie et de tempérament. Trop peut-être ? Elles n’ont pas remporté le 1er prix mais celui de la presse internationale.

Naviguez sur leur site, écoutez les quelques extraits qui sont proposés,  c’est un régal !

Certains disent que le quatuor à cordes est la quintessence de la musique. Ce qui est admirable, c’est le parfait accord entre les instrumentistes : il ne suffit pas d’être un très bon musicien, il faut aussi s’accorder aux autres, jouer avec le même esprit et ne pas livrer un combat pour se « distinguer ». Ici, c’est l’école de l’humilité et l’écoute qui triomphent. Voilà pourquoi les quatuors sont des ensembles fragiles qui ne résistent pas nécessairement au temps… Il faut les cueillir quand ils jouent!

Nous avons profité de notre passage à Bordeaux pour passer une très belle soirée  avec Warren, dont la fille est une artiste douée qui vit à Madrid et C. qui tient un blog très personnel et intéressant,  Les tempes du temps, et pour rapporter du Bordeaux bien sûr. Eh! Pas folle la guêpe!