Tout le monde en parlait (qui déjà ?), j'avais "loupé" la première salve de représentations la saison dernière... mais trop heureuse d'avoir pu enfin obtenir des places pour cette série de nouvelles représentations, je me faisais une joie de retourner à la Comédie, pour voir jouer du Racine, et Andromaque, s'il vous plaît! J'y allais d'autant plus confiante que je n'avais pas oublié mon plaisir à avoir vu jouer Bérénice, en 2008, aux Bouffes du Nord, dans une mise en scène rigoureuse et vivante de Lambert Wilson.
Cette soirée fut une énorme déception! Il y avait un simulacre de mise en scène, ou alors une mise en scène dont je n'ai pas encore compris à ce jour l'intention (Muriel Mayette est trop subtile pour moi), une direction d'acteurs inexistante, des pensionnaires et des sociétaires de la Comédie qui n'avaient pas, à deux exceptions près (Pyrrhus et Hermione), la tête de l'emploi: Andromaque était incarnée par une comédienne sur le retour, une disciple de Sarah Bernhardt sans doute qui déclamait son texte en s'écoutant et en regardant plus les spectateurs que le protagoniste auquel elle s'adressait, un Oreste tout freluquet qui avait sans doute un train à prendre vu la cadence à laquelle il débitait les alexandrins (et vu la longueur des premières scènes où il cause, il cause, on déraillait vite fait bien fait). Bref, à part les costumes, rien d'enthousiasmant. Une soirée où j'ai perdu mon temps. Pas que moi, d'ailleurs. Des lycéens derrière nous, n'en pouvaient plus! Agacée d'abord par leurs rires étouffés, le cliquetis de leurs touches de portables pour s'envoyer des SMS à qui mieux-mieux, je me suis vite calmée: n'ont-ils pas eu au fond une attitude saine en n'écoutant plus rien et en se distrayant comme ils le pouvaient? Les serpents qui sifflaient sur nos têtes, ce n'était pas ces ados mais ce spectacle assez affligeant. Dommage!