A Pierre...
Il ne s’agit pas du
singspiel de Mozart, notamment cet aria de l’acte I,
Ruhe sanft, mein holdes Leben, qui est très beau …
Il ne s’agit pas non plus du roman de Mme de Lafayette publié sept ans avant La Princesse de Clèves.
Cette Zaïde-là est jeune -sans doute pas plus de 80 ans - possède quatre têtes, huit mains et elle est enchanteresse ! Ni monstre, ni Hydre de Lerne, ni dragon. Non, non ! La
voici.
C’est un jeune quatuor à cordes parisien que nous avons découvert à Bordeaux en mai 2010. Ces quatre instrumentistes concouraient pour le 6ème Concours international de quatuors à cordes de Bordeaux, qui se déroulait autrefois à Evian (de 1976 à 1998).
Ce concours a lieu tous les trois ans. Cette année, lors de la première épreuve il y avait 9 quatuors en lice, venus de tous pays et seuls quatre ensembles ont disputé la finale. On assiste gratuitement à tous les concerts au Grand Théâtre de Bordeaux, un joyau architectural magnifiquement restauré depuis peu Les œuvres sont imposées et donc on entend plusieurs fois les mêmes morceaux. C’est étonnant et l’oreille, même peu experte comme la mienne, discerne les différences. Nous nous sommes régalés, et dans cette salle somptueuse, chacun au début du concert retient son souffle : et puis après le voyage commence, « nous sommes embarqués »
Nos « chouchoutes » étaient donc ce jeune quatuor, toutes les quatre des virtuoses, pleines d’énergie et de tempérament. Trop peut-être ? Elles n’ont pas remporté le 1er prix mais celui de la presse internationale.
Naviguez sur leur site, écoutez les quelques extraits qui sont proposés, c’est un régal !
Certains disent que le quatuor à cordes est la quintessence de la musique. Ce qui est admirable, c’est le parfait accord entre les instrumentistes : il ne suffit pas d’être un très bon musicien, il faut aussi s’accorder aux autres, jouer avec le même esprit et ne pas livrer un combat pour se « distinguer ». Ici, c’est l’école de l’humilité et l’écoute qui triomphent. Voilà pourquoi les quatuors sont des ensembles fragiles qui ne résistent pas nécessairement au temps… Il faut les cueillir quand ils jouent!
Nous avons profité de notre passage à Bordeaux pour passer une très belle soirée avec Warren, dont la fille est une
artiste douée qui vit à Madrid et C. qui tient un blog très personnel et intéressant,
Les tempes du temps, et pour rapporter du Bordeaux bien sûr. Eh! Pas folle la guêpe!