samedi 14 janvier 2012

Enigme 34

Dans ce roman, l'auteur relate sous un autre nom, que je ne vous livrerai pas  (Google en ferait une bouchée!) un épisode historique qui permit à de nombreux politiques et journalistes influents de faire fortune.

Cet épisode eut lieu dans le dernier quart du XIXème siècle: il  est né d'une dette contractée par un pays dont nous avons beaucoup entendu parler en 2011, auprès du nôtre. C'est Jules Ferry qui par son intervention, en ordonnant l'invasion de ce pays a fait remonter le cours des titres et a fait la fortune des souscripteurs qui les avaient achetés quelques mois avant à bas prix, alors que notre pays se détournait ostensiblement dudit pays.
De quel épisode s'agit-il et dans quel roman est-il évoqué?

Comme à l'habitude, vous pouvez envoyer votre réponse à xtinemer@gmail.com avant lundi soir.
Passez un bon week-end, déjà entamé, je sais...

Réponse: 

Les heureux gagnants sont (par ordre d'apparition): Catherine, ZapPow et Calyste. Bravo à vous trois!

Il s'agissait de la dette tunisienne qui déboucha sur le Traité du Bardo, et qui est nommée dans le roman de Maupassant, Bel-Ami, "l'affaire du Maroc".

jeudi 5 janvier 2012

Vache

A Jacqueline qui m'a  vachement éclairée...

Voilà un mot que je ne pouvais pas esquiver  dans mon abécédaire, non seulement parce ma région  en regorge -encore que ce soit davantage la Basse Normandie- mais parce que du point de vue de la langue,  la vache a produit un "champ" de vocabulaire, amusant, varié, historique, argotique  très impressionnant!
"La vache" cet exclamatif n'a de secret pour aucun d'entre nous!  C'est bien de la surprise, voire de l'admiration que traduit cette exclamation qui désarçonne bien des étrangers qui viennent étudier ou travailler en France.  En découle l'adverbe "vachement" utilisé à partir des années 30 dans le sens de "très, beaucoup" en concurrence avec "vachtement" et même avec "vachte", adjectif réinterprété en adverbe "C'est une vachte de belle bagnole"... Mais le "vachement" de notre jeunesse a bien foutu le camp, il est aujourd'hui supplanté par l'agaçant "trop"!

Bien sûr, il y a les "vacheries", qui ne désignent plus, depuis belle lurette, les troupeaux de vaches (XIIème siècle) ou  les étables à vaches (XIVème siècle). "Vacheries",  donc pour veuleries, car "vacher", un verbe employé par Flaubert signifie "être lâche", puis "vacheries" pour désigner des personnes méchantes ou des situations désagréables , avant d'arriver à ces objets de mauvaise qualité, sur le modèle porcin de "cochonneries".

Il y en a tant d' expressions qui renvoient à cet animal mal vu dans notre société, mais sacré en Inde! Qui ne connaît pas "pleuvoir comme vache qui pisse", "manger de la vache enragée", "être une peau de vache" (déguisée en fleur), "être une vache à lait",   "donner un coup de pied en vache", "dormir comme une vache". On préfère le "plancher des vaches" au ciel (sauf le septième évidemment), on vit mieux en période de vaches grasses qu'en celle de vaches maigres! Il y a aussi la vache qui ne retrouverait pas ses petits,  celle qui regarde passer les trains! Sans parler de l'expression qui recommande à chacun son métier et les vaches seront bien gardées! L'amour vache, la vache folle, la queue de vache, la vache à lait... pauvre bête! 

Mais je vous laisse le meilleur pour la fin. Je suis vache? Je le sais!

L'expression Mort aux vaches a une drôle d'histoire: ce n'est pas la phrase dite par un farfelu qui en voulait aux vaches! D'ailleurs les vaches sont bien plus avenantes que les flics car on connaît le sens de cette expression qui en veut à tout ce qui porte uniforme. Non, tout cela n'a rien à voir avec les bonnes grosses vaches (ces trois derniers mots m'exposent à vos critiques, tant pis! Les vaches, elles, me comprennent). Non, donc! En fait l'expression remonte à 1870, l'époque de la guerre franco-prussienne. A Paris sur les postes de gardes allemands était écrit le mot WACHE, qui veut dire "garde", "sentinelle". Comme le Français n'est pas très doué pour les langues - c'est vachement raciste ça, mais bon passons!- et qu'on ne peut pas dire qu'ils portaient à l'époque un amour fou pour l'occupant, que croyez-vous qu'il arriva? Wache devint vache et comme ce fut facile, à chaque fois qu'on passait devant un de ces postes de s'exclamer (ou de dire entre ses moustaches) "Mort aux vaches"! Plus tard, cette expression devint un slogan anarchiste, une façon de se refaire une (noble) virginité.

Ainsi donc les vaches , qui en 1870 paissaient et ruminaient tranquillement dans la plaine de Nanterre, furent mêlées contre leur gré, à une sordide histoire de règlements de comptes entre deux peuples. A la même époque, on désignait aussi les Allemands sous le nom de "cochons" (voir la nouvelle de Maupassant Le Cochon de St Antoine). Pendant la guerre suivante, ce sera le tour des doryphores, bien moins sympathiques, je vous l'accorde, que nos douces ruminantes...  Une histoire vache, en somme!

lundi 2 janvier 2012

Virgile

Virgile, un alter Homerus ? L'Enéïde, un décalque de L'Iliade et L'Odyssée?

Il y a de quoi y perdre son latin, effectivement. Ce grand poème de 10 0000 vers,  composé de 12 chants, retrace les aventures du héros troyen Enée : son vieux père sur le dos, son fils à la main, il part pour fonder, selon les voeux des dieux,  une nouvelle Troie, quelque part en Hespérie (Italie). Tout comme Ulysse, Enée erre avec ses compagnons, surmonte des épreuves, vit des aventures multiples et des sortilèges amoureux, séjourne au royaume des morts. Voilà pour les 6 premiers chants.Ensuite, dans les six derniers, on entend le bruit des armes, on découvre avec lui sur son bouclier, l'histoire de la ville qu'il va fonder, depuis Romulus et Rémus jusqu'à Auguste.  Une épopée plagiat de L'Iliade et LOdyssée alors? Pas si sûr, tant les subtiles différences entre  ces deux chefs d'oeuvre suggèrent une signification nouvelle. Car qu'on ne l'oublie pas, il faut chanter la gloire de Rome de ce premier siècle avant JC en l'associant à la prestigieuse Troie et  diviniser  l'empereur Auguste lui-même, en lui inventant une filiation avec Enée, fils d'Anchise certes mais aussi de Vénus! Ce n'est pas n'importe qui, cette déesse: c'est la fille de Jupiter en personne! Et quand on n'est que le petit-neveu du grand César, ce n'est pas rien d'affirmer qu'on sort de la cuisse de Jupiter! Il avait de quoi roucouler, notre Auguste, il entrait dans la légende. Une épopée de propagande donc? Oui, certainement, mais une épopée tout de même qui mérite le détour. 


Lire L'Enéïde aujourd'hui?  Oui, mille fois oui, à condition de trouver une bonne traduction propice à nous faire rêver car pour certains d'entre nous il reste le souvenir douloureux des versions latines...C'est ce qu'arrive à faire je crois l'éditrice Diane de Selliers dans une publication de 2009, que j'ai eu l'occasion de feuilleter il y a peu: la traduction en vers libres de Marc Chouet est agréable à lire et la reproduction des fresques de Pompéï, de peintures romaines, de mosaïques pour illustrer les épisodes de ce beau poème est remarquable. Un peu cher, mais quand on aime, on ne compte pas!

samedi 31 décembre 2011

Voici...

      qui vous souhaitent
une belle santé,  de belles rencontres, de belles lectures, de belles surprises, de beaux instants...

Ce billet est dédié à Anijo, Anna F., Calyste, Catherine L., Chri,  Elsarave, Flocon ,Marine, Pierre et ZapPow mes fidèles commentateurs, à Cathiemini, Charles, Claire, Claude D., Eric, Frenchpeterpan, Jacques, Lancelot, Patrick et Stéphanie, lecteurs et joueurs qui m'ont encouragée et enfin à celles et ceux qui passent ici sans se faire connaître.
A toutes et tous, profitez de chaque instant!

jeudi 29 décembre 2011

V : une indépendance chèrement gagnée

L'histoire du V se confond avec le U, tout ça à cause du grec qui réduisit une semi-voyelle (le wau) au rôle de voyelle.  La cursive romaine a eu tendance à arrondir l'angle du V qui a donné naissance à notre U. Cependant ce V anguleux réapparaît  dès le XI ème  mais l'une et l'autre formes s'appliquent indifféremment à la consonne ou à la voyelle.

Ce n'est qu'au XVIIème que s'opère la séparation entre ces deux lettres; auparavant le v s'emploie surtout au début des mots et l'u à l'intérieur.

En matière d'abréviations, le V. ne chôme pas! Dans les titres il renvoie à Votre: V.A.= Votre Altesse, V.M.= Votre Majesté (au pluriel VV.  MM., Vos Majestés). Dans les livres, le V. signifie Verbe ou Voyez et indique alors un renvoi. En musique, V indique les parties de violon ou veut dire Volti  Tournez. En numismatique, v désignait sur les anciennes monnaies françaises les espèces frappées à Turin , sous les règne de François Ier, puis à Troyes à partir de la toute fin de l'âge classique (1698, exactement). En épigraphie, il s'en donne à coeur joie: V. ou VA.ou VVV. vale = adieu,  V. ou VI. ou VXT., vixit = a vécu , VV., vivus = de son vivant.
Enfin, comme caractère numéral, il renvoie à cinq et dans la numérotation romaine, il sert à représenter les nombres 4, 6, 7 et 8 par l'addition d'un I à gauche, puis par celle d'un, de deux ou de trois I à droite. Un V avec un trait horizontal au-dessus vaut cinq mille. Certains auteurs pensent que V est la moitié du caractère X (qui vaut dix).

Le V m'ouvre bien des horizons, moins arides que ceux du W qui  m'a posé quelques soucis: manque de temps pour creuser certaines notes, manque d'inspiration. J'ai comme à chaque fois le regret de ne pas avoir parlé de ceci ou de cela, de ne pas avoir évoqué tel ou tel(le). Toutes mes excuses vont à Wagner et ses Walkyries (mais il a plus d'un tour dans son sac), à Wilhelm Fürtwangler et "son cas"  que je dévore en ce moment (Le cas Fürtwangler -Un chef d'orchestre sous le IIIe Reich d'Audrey Roncigli, Imago), à Watson,  dont l'évidence m'a échappé, à Oscar Wilde, dont Le Portrait de Dorian Gray est  un de mes livres préférés,  à Weimar une ville pas comme les autres,  à Madame de Warens et sa maison des Charmettes... Qu'ils me pardonnent ma flemme!

Je vous adresse, fidèles lecteurs, lectrices, commentateurs, commentatrices, toutes mes pensées amicales.

Le blog a un an: il est encore très jeune! Il vit grâce à vous. Je poursuis l'aventure. Merci.

jeudi 22 décembre 2011

Watteau, Baudelaire,Verlaine, Debussy et Fauré...

 Watteau considéré pendant la Révolution comme agent de la décadence royale, ignoré des grands romantiques du début du XIXème; C'est Baudelaire qui le réhabilitera. J'aime beaucoup ses dessins.

Watteau, ce carnaval où bien des coeurs illustres
Comme des papillons, errent en flamboyant,
Décors frais et légers éclairés par des lustres
Qui versent la folie à ce bal tournoyant;
Baudelaire, Les Fleurs du mal, Les Phares

Plus tard, Verlaine intitule  un de ses recueils  Fêtes galantes. Et le premier poème de ce recueil Clair de lune inspire  Debussy et Fauré.

 

mardi 20 décembre 2011

Weissmuller et Tarzan

Tarzan, c'est tout un monde. A la fois le mythe du bon sauvage, comme Vendredi dans Robinson Crusoé, celui de l'enfant sauvage comme le Mowgli de Rudyard Kipling ou celui des figures fondatrices de Rome, Romulus et Rémus.

Ce personnage de fiction inventé par Edgar Rice Burroughs en 1912 ne semble pas avoir été le premier dans la littérature à incarner cet enfant abandonné dans la jungle: en effet,  en 1879, un dessinateur français du nom de Robida écrivit un roman de 800 pages intitulé Les Voyages extraordinaires de Saturnin Farandoul. Si on méconnaît les aventures de ce personnage, échoué sur une île de singes après le naufrage et la mort de ses parents et qui deviendra vite un chef pour ces animaux et pour les hommes, c'est parce que la publication du livre a été très limitée. N'est pas Tarzan qui veut! Ce personnage a beaucoup inspiré son créateur- il a écrit une trentaine de romans, mais aussi d'autres auteurs. Il a inauguré dès 1929 les premiers comic strips dessinés par Harold Foster, ouvrant la voie à une longue lignée de dessinateurs de comic jusqu'en 1981. Cet homme sauvage a aussi très vite envahi les écrans de cinéma, dès 1932 avec Tarzan, l'homme-singe -une quarantaine de films jusqu'en 1997, des films d'animation, des séries d'animation.

Le Tarzan que j'ai connu enfant, c'est Johnny Weissmuller, cet Austro-hongrois naturalisé "spontanément" Américain après ses records olympiques de natation. C'est celui que nous a fait connaître notre père, toujours ému de revoir ses films parce que, petit enfant de troupe, Tarzan tout comme les cow-boys, ouvrait un espace de rêve et de joie ineffables. Tarzan n'était pas le Père Noël, mais presque...