lundi 28 mars 2011

Z point final

Lorsque j'ai commencé ce blog et cet abécédaire, je me disais que j'aurais vite réglé le compte du Z ! Cette lettre ne me semblait pas très "volubile". Et puis au fil des jours, de ma pensée, les  mots commençant par Z me sont venus à l'esprit plus facilement que je ne le croyais.

Certes, je vais quitter cette lettre en laissant derrière moi des mots qui auraient pu appartenir à ma "géographie intérieure" comme le Zambèze, fleuve que je ne connais pas mais dont l'enveloppe sonore m'a toujours fait rêver. J'aurais pu évoquer Zarathoustra et Zadig, suite à une émission de radio que j'avais écoutée et que j'avais trouvée passionnante. Il manque aussi le Zouave de l'Alma sur lequel j'avais préparé une note qui regrettait que ce marqueur des crues de la Seine, ne puisse plus rien mesurer puisqu'il a été remonté lors de l'aménagement du pont. Il manque encore zinzin  et le verbe familial "ziziner", qui épate toujours nos intelocuteurs lorsque nous le prononçons. Il y avait de quoi faire sur le zèbre, le zloty, Zébulon et le Manège enchanté,  le Zénon de Yourcenar.... Tous ces mots-là manquent à l'appel mais pas de regrets. D'après le dictionnaire du scrabble (qui inclut les formes conjuguées, c'est de la triche) , il y aurait .... j'en ai le vertige.... je vous laisse découvrir la liste ci-dessous! 

Nombre de mots commencant par la lettre a : 28303
Nombre de mots commencant par la lettre b : 17852
Nombre de mots commencant par la lettre c : 39397
Nombre de mots commencant par la lettre d : 41585
Nombre de mots commencant par la lettre e : 36080
Nombre de mots commencant par la lettre f : 13381
Nombre de mots commencant par la lettre g : 11619
Nombre de mots commencant par la lettre h : 6870
Nombre de mots commencant par la lettre i : 12371
Nombre de mots commencant par la lettre j : 2867
Nombre de mots commencant par la lettre k : 1054
Nombre de mots commencant par la lettre l : 8227
Nombre de mots commencant par la lettre m : 18709
Nombre de mots commencant par la lettre n : 4881
Nombre de mots commencant par la lettre o : 6098
Nombre de mots commencant par la lettre p : 29261
Nombre de mots commencant par la lettre q : 1214
Nombre de mots commencant par la lettre r : 37768
Nombre de mots commencant par la lettre s : 23850
Nombre de mots commencant par la lettre t : 17056
Nombre de mots commencant par la lettre u : 1174
Nombre de mots commencant par la lettre v : 7655
Nombre de mots commencant par la lettre w : 269
Nombre de mots commencant par la lettre x : 111
Nombre de mots commencant par la lettre y : 343
Nombre de mots commencant par la lettre z : 1097 !

Les  mots en Z en tout cas m'ont apporté beaucoup de joie : un blog qui vit grâce à vous, qui me commentez ou me lisez  régulièrement. Soyez-en  toutes et tous remerciés...

Si l'un(e) d'entre vous avait un mot commençant  par Z à coeur et voulait en parler, ce blog est à sa disposition!

samedi 26 mars 2011

Zouave... chinois

 Barenboim dit de lui qu'il a douze doigts... et lui a appris ce petit jeu !

Une curiosité pour le week-end que je vous souhaite doux et agréable.


Enigme

Quels auteurs se cachent derrière ces rapides évocations biographiques?

A. Son père était professeur de mathématiques et écrivit un livre sur les fonctions exponentielles qu'elle perdit. Il meurt quand elle a sept ans. Sa mère achète une terre qui "coule" ses économies de vingt ans. Elle fait des études de droit et travaille à la préparation de l'Exposition Universelle de 1937. Le nom du ministre pour qui elle travailla devrait vous mettre sur la piste: il mourut fusillé par la milice française en 44, en forêt de Fontainebleau.

 B. Elle trouve avec son père, un homme grand voyageur, riche et cultivé, son nom d'écrivain: c'est l'anagramme à une lettre près de son nom patronymique. Elle passe son bac à Nice sans avoir fréquenté l'école. Dix ans après la mort de son père, n'ayant plus d'argent, elle part aux Etats Unis où elle s'installe avec son amie et devient professeur de littérature française. Pour le héros du livre qui lui a donné le statut définitif d'écrivain, elle dit avoir hésité entre ce héros-là et le mathématicien-philosophe, Omar Khayyam. Son oeuvre a été longtemps inspirée  de  sagesse orientale.

C. Son père fut l'astrologue te le médecin d'un roi de France, qui compta parmi ses généraux  le fameux Bertrand du Guesclin. Très tôt, elle écrivit de la poésie. Après la mort de son père et de son mari, ruinée, elle étudie les auteurs et se met à écrire d'une façon très pléthorique. On a dit d'elle que ce fut l'une des premières femmes savantes.

D. Orpheline de père et de mère à sept ans, elle est élevée par sa famille maternelle. Belle, cultivée, dotée d'un bel esprit, elle devient une des mondaines du siècle. Le départ de Paris de sa fille la pousse à écrire. Elle devient "un écrivain malgré elle".

E. Exilée de Russie, puis installée en France où elle commence à publier,  elle subit l'aryanisation dans l'édition. Elle se réfugie dans le Morvan avec son mari et ses deux filles. Elle rédige le manuscrit de son dernier livre lorsqu'elle est arrêtée par la gendarmerie française en 1942. Son mari tente de nombreuses démarches pour la faire libérer. Il est  arrêté quelques mois plus tard et meurt, comme elle, à Auschwitz. Ce sont leurs  deux filles qui feront éditer le dernier manuscrit de leur mère, presque 60 ans plus tard..

Comme vous en avez l'habitude, vous pouvez envoyer vos réponses par mail  à xtinemer@gmail.com avant dimanche soir 19 heures . Je vous donnerai des indices supplémentaires si vous hésitez.
Amusez-vous bien!

Réponse

Tout d'abord,  de nombreux gagnants pour cette énigme. Catherine, Cathie, Eric et  Patrick ont su rendre les quelques éléments biographiques à leurs "auteurs". Ont participé vaillamment Pierre et Flocon, à qui il manquait une ou deux réponses.
Merci de votre participation. Bonne semaine à toutes et à tous!

Il s'agissait donc de:
A. Marguerite Duras 
B. Marguerite Yourcenar, de son vrai nom de Crayencour
C. Christine de Pisan
D. Marie de Rabutin-Chantal dite Mme de Sévigné
E. Irène Némirovsky


mercredi 23 mars 2011

Zurbaran (2) Juan, le fils

A l'occasion de ma  dernière note sur  Francisco Zurbaran, Pierre a parlé de la fameuse nature morte Bodega de limones de Juan Zurbaran, le fils . J'avais donc ajouté le tableau que je croyais le bon... Mais j'avasi fait erreur; Voici donc le tableau dont il était question  auquel j'ai tout naturellement ajouté le commentaire de Pierre qui vous fera regarder désormais les citrons autrement.

"Juan (1620-1649) élève magnifiquement prometteur du père, comme on peut en juger en allant voir "Bodegon de Limones" à Madrid, au Museo de la Real Academia de las Bellas Artes de San Fernando. Très émouvante nature morte de 36 cm sur 50.
Avec le reflet d'or des fruits sur le rebord du plat d'argent - lumière indirecte éclairant à son tour les feuilles, en forme d'arbres; et les extrémités ce ces fruits, toujours, dans lesquelles, par le dessin très précis et la rondeur générale, on ne peut voir autre chose que de discrets mais très réalistes et appétissants tétins..."  
 

lundi 21 mars 2011

Zek

"Zek" du mot russe "zaklioutchonny", détenu.

En préparant l'énigme du dernier week-end, j'ai relu le premier roman de Soljenitsyne sur l'univers concentrationnaire soviétique,  Une journée d'Ivan Denissovitch. Ce livre, publié en 1962, a fait connaître mondialement cet auteur russe et en relisant certains passages, je me disais que c'était ce livre-là qui restait pour moi le symbole de cette littérature du Goulag. Bien sûr, il y eut après Le Pavillon des cancéreux, puis L'Archipel du Goulag mais  j'ai un faible pour Ivan Denissovitch  parce que c'est le premier que j'ai lu sur ce thème :  j'ai retrouvé la même émotion. Intacte. Avec en plus le filtre de l'âge : une  seule journée qui résume déjà huit ans, et sans doute plus. C'est très fort.

Henning Mankell, auteur suédois que j'ai entendu samedi dernier au Salon du Livre, racontait que des centaines de lectrices du monde entier lui écrivaient pour aider Kurt Wallander, le héros de ses romans policiers, dans son difficile rapport aux femmes. Mankell s'étonnait que des personnages puissent devenir les amis, les proches d'êtres humains. "S'étonnait", n'est pas le terme: il trouvait ce rapport formidable. J'ai toujours gardé en moi le personnage de Choukov, un gars bon, pas retors, foncièrement victime d'un système hallucinant mais gardant jour après jour une lucidité patiente qui ne demandait rien au lendemain. Il fait partie de mes amis.

J'ai corné bien des pages pour vous faire partager des passages que je trouve admirables: il y en a mille mais je vous livre celui-là, rien que celui-là, qui  ramène  à ses justes dimensions notre condition humaine.

"Pendant ce recompte du retour, le soir, à la porte du camp, après une journée au vent, au froid et le ventre affamé, le zek ne pense qu'à une chose: à sa louchée de soupe à l'eau qui brûle. Il l'attend comme la terre espère la pluie par les étés de sécheresse. Il la lamperait  d'une goulée. Cette louchée, à pareille heure, il y tient plus qu'à la liberté, plus qu'à la vie, à toute sa vie d'avant et à toute celle d'après." 10/18, p.149, traduit du rusee par Lucia et Jean Cathala.

Je pense que c'est par cette réalité  simple, tangible, humble voire triviale qu'on touche à la profondeur de la souffrance .
 
Un autre auteur a écrit un livre ou plutôt des fragments fulgurants et forts, sur les camps du Goulag : c'est Varlam Chalamov avec ses Récits de la Kolyma.  Pour Chalamov la question était de savoir " comment traduire dans la langue des hommes libres une expérience vécue dans une langue de zek , de "crevard", composée de vingt vocables à peine."

"On ne montrait pas le thermomètre aux travailleurs: c'était d'ailleurs parfaitement inutile: il fallait sortir quelle que fût la température. En outre, les anciens se passaient de thermomètre: s'il y a du brouillard, il fait quarante au-dessous de zéro; si on respire sans trop de peine, mais quje l'air s'exhale avec bruit, cela veut dire q'il fait moins quarante-cinq; si la respiration est bruyante et s'accompagne d'un essoufflement visible, il fait moins cinquante. Au dessous de moins cinquante, un crachat gèle au vol. Cela faisait déjà deux semaines que les crachats gelaient au vol."   p.36, Verdier,  traduction Sophie Benech, Catherine Fournier, Luba Jurgenson

samedi 19 mars 2011

Zingarelle

Voici une sucrerie de Flocon , en écho à nos échanges sur l'art lyrique.

Il m'a écrit sa déception que je n'aie pas traité Zingarelle (pas complètement vrai, puisque j'ai consacré une note -assez tragique-aux Tsiganes  et une note à Zeffirelli et "sa" Traviata"). Aussi, pour réparer cet oubli absolument scandaleux et pour régaler tous les gourmands,  voici ce bijou.


L'Opéra imaginaire, Pascal Roulin

vendredi 18 mars 2011

Enigme

Voici  cinq courtes descriptions qui évoquent cinq personnages romanesques. A vous de trouver leur nom et l'oeuvre à laquelle ils appartiennent. Amusez-vous bien!


 
Helen Schjerfbeck, Maria, 1909, 57 x 73
1. Après bien des désillusions et des chagrins, cette Normande humble  et travailleuse s'entiche d'un oiseau rare et voit en lui le Saint Esprit.

2. Il est sur une plage. Il lutte contre le soleil aveuglant et la chaleur pesante. Il est tendu comme un arc. Il veut atteindre l'eau de la source qui coule, là-bas derrière le rocher. Il fait un mouvement en avant. Un pas de trop. Il tire et tue.

3. Chassé de la maîtrise du roi, parce que sa voix a mué, il arrive un beau jour, sur les recommandations d'un violiste, chez le spécialiste de la septième corde. Le maître en l'écoutant lui dit froidement qu'il fait de la musique mais qu'il n'est pas musicien; l'affaire est mal partie  mais  sur l'intervention de ses filles et après l'avoir entendu jouer un "badinage", le maître accepte de le revoir un mois plus tard.

4. Ce matin-là, contrairement  à tous les matins, il a du mal à se lever. Il se sent mal. Un Tartare, pas commode, le menace de l'envoyer au mitard. Il y échappe mais à la place, c'est corvée de nettoyage de plancher dans la baraque de l'administration! Il a fini. Dehors, il fait moins trente. Il tente de se faire porter pâle à l'infirmerie. Pas de chance ! C'est complet !  Un copain lui a gardé sa soupe de chou noir (c'est la saison qui veut ça!) mais elle est froide.  Il retourne discrètement vers sa baraque, se dirige vers son châlit, planque son pain sous la sciure de la paillasse, borde la couverture. Il regrette ses brodequins confisqués parce qu'il a déjà des valienki. La journée va être plus dure que les autres.

5. Elle se laisse mourir parce qu'elle a reçu une lettre de lui où il répétait sans cesse "Ce n'est pas ma faute".

Vous voudrez bien m'envoyer vos réponses comme d'habitude par mail à  xtinemer@gmail.com avant dimanche soir 19 heures. Si vous avez des questions ou besoin d'indices, n'hésitez pas  à m'écrire.

Réponse

L'heureuse gagnante est Catherine, talonnée par Pierre et Flocon, puis par Stéphanie,  Jacques et Anijo. Bravo à vous toutes et tous ! Merci d'avoir participé avec autant d'enthousiasme !

Il s'agissait donc de :

1.  Félicité dans Un cœur simple de Gustave Flaubert
2.  Meursault dans L’Étranger d’Albert Camus,
3.  Marin Marais dans Tous les  matins du monde de Pascal Quignard
4.  Choukhov Une journée d'Ivan  Denissovitch d'Alexandre Soljenitsyne
5.  La Présidente de Tourvel dans Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos (elle reçoit cette lettre de Valmont , lettre qui lui a été totalement inspirée par "la" Merteuil)